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Pic du pétrole : un problème politique

mpOC | Posté le 7 avril 2011

La catastrophe de Fukushima nous rappelle que l’homme maitrise peu la technologie nucléaire, porteuse de risques démesurés. Elle nous fait, peut-être, oublier que les prix du pétrole sont en train de remonter progressivement vers les maxima connus en 2008, et l’effondrement de la finance mondialisée qui s’en est suivie. La guerre fait rage en Lybie, où il est question de protéger le peuple des armes que Kadhafi a achetées à l’Occident, contre des pétrodollars. Un alibi en or pour le pétrole de la Lybie ? Les pays riches importateurs de pétrole peuvent-ils se passer des 2% du marché mondial de brut que représente Tripoli ? Dans quelle situation se trouveraient leurs intérêts commerciaux si les exportations d’or noir en provenance du Monde arabe venaient à se tarir pour cause de troubles géopolitiques incontrôlés ?
Fukushima, Lybie, mais également agro-carburants, gaz de schiste.. : l’énergie est au cœur de l’actualité, parce que l’énergie est au cœur de nos économies et de nos sociétés industrialisées qui en veulent toujours plus. Pourtant, la donne énergétique est en train de changer du tout au tout et les médias n’en parlent que de manière indirecte, édulcorée, détournée, lorsqu’ils n’éludent tout simplement pas le fond du problème.

L’après-pétrole a déjà commencé

L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a reconnu le 9 novembre 2010 que le pic du pétrole conventionnel est atteint. Le pic du pétrole est ce moment où la quantité de pétrole disponible commence à décroître de manière irréversible. C’est dire que le message de l’AIE n’a rien d’anodin. Guenther Oettinger, Commissaire européen à l’énergie, va plus loin que l’AIE et déclarait à Reuters le 10 novembre dernier : « La quantité de pétrole disponible globalement a déjà atteint son pic, je pense ».
La Belgique est complètement dépendante de la production mondiale de pétrole puisqu’elle importe 100% du pétrole qu’elle consomme. La Belgique consomme environ 608.000 barils de pétrole par jour, soit environ 9 litres par personne et par jour. Une étude récente de la Banque Centrale Européenne (BCE) a indiqué que la Belgique « est le pays de la zone Euro le plus sensible aux variations du prix du pétrole ». Le déclin annoncé de la production d’or noir va immanquablement faire monter les prix, potentiellement à des niveaux très élevés et pourrait conduire à terme à des pénuries.
Le pétrole, énergie fossile dont les stocks accessibles sont limités, irrigue aujourd’hui l’ensemble des sociétés industrialisées. Le pétrole est présent dans l’ensemble des filières, notamment celles des transports, de la construction, de l’énergie, de l’alimentation. Avec le déclin annoncé de la production pétrolière, l’ensemble de notre mode de développement se trouve du même coup questionné et ébranlé.

Un problème énergétique, écologie, social : politique

L’impact sur nos sociétés pétro-dépendantes s’annonce majeur, en particulier pour les personnes les plus vulnérables et singulièrement pour les personnes socialement précarisées. Celles-ci disposent en effet de moins de ressources pour faire face à l’augmentation des prix et, de manière générale, pour s’adapter à une situation devenant encore plus difficile que ce qu’elle n’est.
Le pic pétrolier est donc un problème énergétique et écologique mais également social. C’est un problème politique d’une ampleur inédite.

Le mpOC organise trois rencontres autour du pic du pétrole, les 11, 15 et 21 avril 2011. Plus d’informations ici .

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