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Quelques réflexions du mpOC à propos de l’appel " LEXIT »

mpOC | Posté le 7 octobre 2016

Ci-après vous trouverez les réflexions de notre mouvement sur l’appel du LEXITNETWORK : "La démocratie et la souveraineté populaire contre l’échec de l’intégration néolibérale européenne et de l’euro". Notre analyse nous a menés à prendre la décision de ne pas soutenir l’appel au nom de notre mouvement.

Quelques réflexions du mpOC à propos de l’appel " LEXIT » :

Nous avons lu avec intérêt l’appel rédigé par les membres du réseau « LEXIT ». Si nous pouvons rejoindre l’analyse sur bon nombre de point, nous restons cependant largement sur notre faim. C’est pourquoi nous avons décidé de ne pas signer l’appel au nom de notre association.

UN PETIT MOT D’EXPLICATION.

D’ABORD AU NIVEAU DES CONSTATS :

Si nous partageons quasi tous les constats portés dans ce texte sur l’Union européenne, nous estimons qu’il en manque au moins un, essentiel à notre avenir à tous : la capacité de l’Europe à faire face aux défis environnementaux (et partant écologiques et sociaux) qui la touchent à l’instar de tous les pays de la Terre. Nous ne pouvons pas continuer la route avec le vieux logiciel « croissanciste » et productiviste bien ancré dans la vision néolibérale mais aussi, et nous le regrettons, dans une bonne partie de la gauche. Le fait que ce texte évite toute référence à ces enjeux nous gêne profondément d’autant qu’ainsi il semble souligner que ce vieux logiciel continue à être pertinent, ce qui n’est pas le cas.

ENSUITE AU NIVEAU DES PROPOSITIONS :

Le texte appelle à la construction d’ « une alternative internationaliste reposant sur les principes de souveraineté populaire, de fraternité, de droits sociaux, de défense des travailleurs et des communs. »

Certes, nous avons besoin d’une alternative. Et certes la possibilité de « sortir » de cette Europe-ci doit pouvoir être envisagée au sein d’une « alternative internationaliste ». Nous devons mettre fin aux replis sur les territoires nationaux ou régionaux, auxquels nous assistons aujourd’hui. Ils nous font froid dans le dos tant ils nous rappellent les horreurs des guerres passées et actuelles.

Mais les principes énoncés sont insuffisants et certains, à notre sens, sont même boiteux.

Les principes manquants :

Nous aurions aimé trouver dans ce texte, au moins quelques-uns des principes repris dans notre manifeste. Notamment ceux-ci : émancipation, sens de la mesure, démocratie participative, citoyenneté active, équité sociale et écologique, … Les citer tous ici est impossible mais nous pensons que notre manifeste ouvre plusieurs voies à explorer urgemment. Et surtout nous aurions aimé trouver la volonté de passer à une civilisation post-carbonée et post-industrielle.

Les principes boiteux :

Même si la défense des travailleurs comme celle des droits sociaux doivent toujours accompagner nos réflexions, nous ne pouvons conditionner notre démarche à leur réalisation. Les droits sociaux actuels sont établis pour faire vivre et se développer une société productiviste dont il est urgent de sortir, si on veut assurer notre avenir comme le démontrent par exemple le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité. Par ailleurs les droits sociaux actuels sont établis pour protéger une partie seulement des personnes qui vivent sur nos territoires et parmi celles-ci, celles qui entretiennent le productivisme. Ceci montre à quel point, nos droits sociaux doivent être repensés en vue de les élargir. Les baser sur la défense des travailleurs, même accompagnée de la défense des communs ne suffit pas. Ces points renvoient trop au sauvetage d’une civilisation basée sur le productivisme et le consumérisme alors que « l’humanité ne se limite pas aux activités économiques des individus. La nature humaine est riche de très nombreuses facettes dont la diversité doit être cultivée ». Pour en savoir plus sur nos réflexions, nous nous permettons vous renvoyer au texte que nous avons adopté dans notre mouvement et que nous avons appelé « Un nouveau pacte social ». Celui-ci, même si nous reconnaissons volontiers qu’il ne constitue qu’une première étape, tente d’ouvrir quelques perspectives.

ENFIN AU NIVEAU DE LA STRATÉGIE

Annoncer un LEXIT, ne suffit pas. Il ne suffit pas de sortir de cette Europe-là car nous avons besoin d’une structure qui dépasse les États.

Ceci implique que …

  • D’une part, un plan B doive être développé avant même de lancer un processus de type LEXIT..
  • Et d’autre part, que nous arrivions à construire une masse critique suffisante dans laquelle la gauche aurait un rôle à jouer.

Concernant le plan B, il nous semble que nous devrions développer au moins les notions suivantes :

  • Comment créer un « tiers état » organisé entre le tout au marché et le tout à l’Etat (même si ce dernier est tellement affaibli aujourd’hui qu’il faut un peu le requinquer) ;
  • Comment sortir du travaillisme ? Quel revenu pour chacun et quelle relation au travail ?
  • Comment passer du désir aux besoins et donc comment définir et contenir les limites qui permettent à chacun/e d’être assuré d’un niveau de vie « suffisant » sans handicaper le reste de la planète voire compromettre l’existence de l’humanité toute entière.

Nous restons à votre disposition pour en discuter

Pour le mpOC, Michèle Gilkinet, Co-secrétaire générale 032 71 876779

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