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Des déchets de 14-18 à ceux du nucléaire : La Meuse, éternelle poubelle industrielle ?

mpOC | Posté le 16 mars

Le 20 mars, conférence-débat animée par Isabelle Masson-Loodts à Bar-le-Duc, autour des questions suivantes :

Alors que le cas de Muzeray illustre les dangers de l’oubli, même temporaire, comment l’ANDRA a-t-elle imaginé conserver la mémoire de ces déchets sur plusieurs centaines de milliers d’années ? Comment appréhende-t-elle son environnement immédiat alors qu’elle projette déjà de fermer le stockage en 2150, envisageant de raser les installations de surface et de dresser des monuments destinés à éloigner les éventuels curieux du futur ? Quel est l’avenir d’une région traitée depuis la Grande Guerre comme une vaste poubelle industrielle ?

Au cœur des commémorations du Centenaire de la Grande Guerre, durant l’été 2015, les productions de lait et de céréales de sept exploitations agricoles du département de la Meuse ont été détruites pour cause de suspicion de pollution par des résidus de munitions toxiques de 14-18. Alors qu’aujourd’hui, une partie de ces terres, encore sous séquestre, sont vouées à un avenir incertain, les paysans et citoyens locaux découvrent avec stupeur l’histoire oubliée du vaste complexe de démantèlement de munitions toxiques installé dans les années 1920 sur une série de parcelles agricoles réparties sur le territoire des communes de Muzeray, Vaudoncourt et Loison, dans le canton de Spincourt, au Nord-Est de Verdun : 1 500 000 obus chimiques et 300 000 obus explosifs furent détruits là, contre l’avis de la population qui fut délibérément tenue à l’écart du fonctionnement de cette usine d’un genre alors inédit, qui finit par disparaître aux environs de 1925 dans des circonstances troubles, laissant derrière elle un véritable trou de mémoire. Bien qu’une partie de ces activités aient laissé des traces dans le paysage, notamment sur le lieu-dit de la « Place à Gaz », en forêt de Spincourt, les habitants de la région semblent ne pas avoir développé de mémoire de ces faits. À l’heure où dans le même département, l’ANDRA s’apprête à enfouir, dès 2025, des déchets nucléaires de longue durée, la pollution liée aux activités de désobusage dans le Nord-Meusien est l’un des premiers cas historiques, documentés scientifiquement, à offrir un cadre de réflexion sur le destin des déchets toxiques à long terme, et donc sur la question de leur mémoire au travers du temps. Alors que le cas de Muzeray illustre les dangers de l’oubli, même temporaire, comment l’ANDRA a-t-elle imaginé conserver la mémoire de ces déchets sur plusieurs centaines de milliers d’années ? Comment appréhende-t-elle son environnement immédiat alors qu’elle projette déjà de fermer le stockage en 2150, envisageant de raser les installations de surface et de dresser des monuments destinés à éloigner les éventuels curieux du futur ? Quel est l’avenir d’une région traitée depuis la Grande Guerre comme une vaste poubelle industrielle ? Meuse Nature Environnement, la Confédération paysanne de la Meuse, la Maison de la Résistance à la Poubelle nucléaire de Bure, Mirabel, Bure stop et La graine, organisent une conférence-débat sur ce thème, le 20 mars 2017 à 20h30, salle Couchot (Derrière l’Église Notre Dame Rue Jeanne d’Arc) à Bar-le-Duc. Une présentation par Isabelle Masson-Loodts, journaliste indépendante, et auteure d’une enquête publiée dans Le Monde en septembre 2016, sera suivie d’une table-ronde donnant la parole à plusieurs experts et témoins.

Entrée gratuite.

Infos :

- Confédération paysanne de la Meuse, confederation.paysanne.55 chez wanadoo.fr, 0329861050 ou -Meuse Nature Environnement, 03 29 76 13 14

Isabelle Masson-Loodts est journaliste et réalisatrice belge, membre rédactrice du collectif Huma. Titulaire d’un Master en archéologie préhistorique (Université de Liège), et après 7 ans de travail dans ce domaine, elle est devenue journaliste indépendante par intérêt pour l’environnement, une thématique qui constitue le filigrane de ses collaborations en presse écrite (Le Vif, Imagine, Nest, Le Monde...), radio (La Première, RTBF), ou télévisée (« Le Jardin Extraordinaire », RTBF). Elle mène depuis 7 ans une grande enquête sur l’héritage environnemental de la Première Guerre mondiale, qui a donné lieu à une série de publications (parmi lesquelles le livre « Paysages en Bataille », Ed. Nevicata, 2014), et se trouve en ce moment au cœur de www.paysagesenbataille.be, un projet documentaire transmédia en cours de réalisation.

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