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Appel de la société civile aux investisseurs de cesser leur soutien à Bridge International Academies

mpOC | Posté le 14 avril

Une action soutenue par le mpOC

La Bridge International Academies (BIA) est un réseau à grande échelle de crèches et d’écoles primaires privées visant à offrir une « éducation de qualité abordable aux familles et aux enfants défavorisés » en Inde, au Kenya, au Liberia, au Nigéria et en Ouganda, avec l’ambition d’atteindre 10 millions d’élèves d’ici 2025. Elle a reçu des investissements provenant de grands investisseurs internationaux (par ex : de Chan-Zuckerberg, du Réseau Omidyar, du Royaume-Uni, de la Banque mondiale ...)

Problème : elle utilise ce que l’on appelle un modèle d’"école dans une boîte", à travers une approche très standardisée de l’éducation. À la BIA, chaque école se ressemble, le matériel utilisé est le même dans chaque classe et, surtout, les cours sont les mêmes dans toutes les académies d’un même pays. La BIA utilise un système de cours déjà écrits, et ses enseignants - qui, pour la plupart, viennent juste de sortir de l’enseignement secondaire sans diplôme d’enseignement formel - reçoivent sur une tablette des plans de cours qu’ils doivent suivre mot pour mot.

En mai 2015 déjà, 116 organisations de la société civile avaient publié une déclaration soulevant leurs inquiétudes concernant les coûts, l’impact et la qualité des écoles Bridge International Academies.

Aujourd’hui, cette action se poursuit. Les associations signataires continuent à demander :

Compte tenu de l’accumulation de preuves institutionnelles et indépendantes qui soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à BIA et aux risques juridiques et éthiques substantiels associés aux investissements en sa faveur, nous, soussignés, recommandons vivement aux investisseurs et soutiens actuels et/ou potentiels de BIA de s’acquitter pleinement de leurs obligations légales en matière de diligence raisonnable et de responsabilités et :

● de vérifier immédiatement, de manière indépendante, la conformité de BIA aux lois et aux normes nationales, notamment les droits de l’homme et des normes en matière d’éducation, de handicap et de travail ;

● de veiller à ce que les questions d’équité, de discrimination systémique et d’exclusion soient traitées ;

● de demander à BIA de respecter immédiatement les normes de transparence et de dévoiler publiquement les informations concernant ses opérations, notamment la communication de renseignements précis sur le niveau actuel des frais et des coûts réels pour les parents, les salaires et qualifications des enseignants, les données d’inscription d’enfants handicapés, les taux d’abandon et de réussite des étudiants, le statut juridique et la conformité aux politiques des différents pays, etc.

● de demander à BIA de cesser immédiatement d’intimider les organisations de la société civile et les chercheurs, notamment les syndicats d’enseignants, et de collaborer avec tout chercheur concerné en lui permettant un accès raisonnable à ses écoles et en lui fournissant tous les renseignements nécessaires pour procéder aux évaluations indépendantes ;

● d’engager un dialogue avec les organisations de la société civile afin d’examiner les inquiétudes relatives à la gestion de BIA et explorer d’autres moyens de contribuer efficacement à l’éducation ;

● de demander des mesures immédiates pour remédier, dans un délai raisonnable et avec un suivi adéquat, aux violations susmentionnées ou encore de retirer les investissements existants ;

● de partager en toute transparence les informations se rapportant aux évaluations existantes ou futures de BIA et d’engager un dialogue sur ces évaluations avec toutes les parties prenantes, y compris les organisations de la société civile ;

● de cesser les investissements futurs de ressources publiques ou privées dans les écoles de BIA ou autres écoles privées payantes dont l’enseignement manque d’atteindre les plus défavorisés et contribue à la ségrégation socio-économique, nuit au système d’éducation publique ou menace l’Etat de droit ;

● d’investir dans des programmes de lutte contre la pauvreté et les inégalités en promouvant une éducation publique de haute qualité, équitable et gratuite, notamment des programmes aidant les gouvernements locaux et nationaux à améliorer les écoles publiques et à s’étendre dans les zones mal desservies ;

● s’engager de façon constructive avec les organisations de la société civile pour promouvoir la réalisation du droit à l’éducation.

Les organisations soussignées indiquent leur disponibilité à rencontrer tous les investisseurs dès que possible.

Pour en savoir plus : http://globalinitiative-escr.org/wp...

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